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Rencontre avec Jérome Ferrari

« Il y a en nous des semences de science, comme en un silex des semences de feu ; les philosophes les extraient par la raison, les poètes les arrachent par l’imagination ; elles brillent alors davantage »

                                 Descartes, Olympiques in Œuvres philosophiques, Premier Tome, Edition Alquié, p. 61

 

 

L'écrivain Jérôme Ferrari est venu aimablement rencontrer les élèves de terminale L, le vendredi 8 novembre 2013, à l'amphithéâtre du Grand Lycée Franco Libanais. S'étaient joints à eux ceux du Lycée Abdel Kader et encore certains élèves du Collège des Saints Cœurs – Kfarhbab.

 

Cette rencontre a été préparée au Lycée Abdel Kader dans le cadre d'un projet mené par les enseignants de philosophie. Une réflexion parallèle à la lecture du dernier roman de l'auteur, Le sermon sur la chute de Rome (Actes Sud, 2012, prix Goncourt) a porté sur la différence entre le texte philosophique et le texte littéraire.

Quelles sont les vertus du concept et du dégagement du général comparativement à la tentative de rendre compte de l'expérience singulière? Peut-on affirmer que la vérité philosophique est opposée ou d'autre sorte que la vérité littéraire? Faut-il limiter la portée du texte littéraire à une quête de la beauté? À quelle sorte de vérité peut-il sinon prétendre? Est-il légitime de faire de la littérature la « servante de la philosophie » ? Philosophie et littérature sont-elles à concevoir dans un rapport de subordination ou telles deux formes d'expression du génie humain ? Autant de questions qui ont préoccupé les esprits et ouvert à un débat très riche, les noms de Descartes, Pascal, Rousseau, Bergounioux, Voltaire, Sartre, Céline, La Bruyère, venant éclairer les problèmes. On a pu alors réaliser que la philosophie peut avoir du style et la littérature, ouvrir à une vision du monde ou à l'éclairage de certains questionnements fondamentaux sur le monde.

 

La spécificité du dernier texte de Jérôme Ferrari a naturellement été l'occasion de s'interroger sur la nature et la valeur des doubles références philosophiques explicites à Saint-Augustin et Leibniz. Entre métaphysique et texte ferrarien, les problèmes du monde rêvé et du monde à construire, des limites de la liberté individuelle s'inscrivant dans l'Histoire, du déclin des empires ont été soulevés. Chacun est reparti avec en tête l'écho du sermon de l'évêque d'Hippone retransmis dans le finale du texte de l'écrivain, à relire et méditer de nouveau sans doute pour y trouver des réponses personnelles.

 

Reste la rencontre avec un auteur qui est apparue par les élèves comme l'aboutissement de leur réflexion. Monsieur Ferrari, actuellement enseignant de philosophie expatrié au sein du réseau de l'A.E.F.E., à Abu Dhabi, est un homme de métier. Il a réussi son oral en répondant directement à chacun, sans esquiver les questions.

 

Nous lui savons gré de sa venue et de sa disponibilité et lui souhaitons, entre philosophie et littérature, une bonne continuation.

 

Merci aussi aux élèves du Lycée Abdel Kader particulièrement investis et motivés dans ce projet.

                                                                                                                          

Henri Harismendy